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Publication de la galerie : Métier JRI

Je vous présente aujourd’hui avec bonheur une nouvelle série de photos, publiée sur mon site, basilesimon.fr

CONTEXTE J’ai été accueilli en stage au mois d’août 2012 au sein de l’agence Phaestos Presse, à Montpellier. Si vous voulez faire de la télé en Languedoc Roussillon, vous bossez soit pour France 2, soit pour France 3, soit pour Phaestos Presse. En effet, l’agence concentre les correspondance de TF1, de BFM TV, de l’Equipe TV, de LCI, et depuis peu, de BeIn Sport.

Ce qui signifie que quand TF1 a besoin d’un sujet sur notre région géographique, c’est le bureau de Montpellier que la chaîne contacte. Idem pour les autres chaînes.

Pour assurer ces correspondances, l’agence compte plusieurs journalistes salariés de TF1 – dont Jean-François Garcia, plus vieux correspondant de terrain du circuit – ainsi qu’une équipe de pigistes, et bien sur, Ngoc, notre assistante de production – notre maman à tous, en fait.

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ALORS, PORTE-PIED ? Non, pas vraiment. Du moins, pas longtemps. Comme vous les montreront les archives de mon blog, mis à jour quotidiennement pendant ce mois, tout a démarré très vite, et tout est allé encore plus vite au fil du stage. A peine arrivé, déjà dans la voiture, plongé dans le quotidien de l’info en presse quotidienne régionale. Peu de temps pour souffler, il faut rempiler tous les jours pour satisfaire les rédactions. Et puis, c’est le charme de découvrir un métier, qui plus est quand on n’y connait a priori rien : tout est neuf et excitant. Dans le cas présent, beaucoup de choses me sont apparues très particulières et propres à cette activité.

Alors, là dessus, que fallait-il que je fasse ? Je ne vais pas vous sortir le couplet de la vie des gens qui vont chercher l’information au péril de leur vie – la cueillette des figues est pourtant réputée être une activité fort dangereuse -. Par contre, il était clair que je devais raconter, ou essayer de raconter ce métier si particulier. Et puis, comme le petit Fuji X10 venait d’arriver, c’était l’occasion de le mettre à l’épreuve du terrain, pour voir s’il pouvait tenir la route.

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JOURNALISTE REPORTER D’IMAGES Le journaliste reporter d’images, appelé communément JRI, est un métier à la croisée des chemins. Son statut principal est celui de journaliste. Il propose ou un lui commande des sujets divers et variés, qu’il réalise. A noter ici que pour ma part, j’ai fait ce stage dans une agence de presse quotidienne régionale – ce qui signifie qu’on ne fait pas du grand reportage, mais des suggestions de Paris ou bien des thèmes choisis par nous dans l’actualité de notre région, ainsi que les classiques marroniers journalistiques. Pour produire son sujet, il utilise sa meilleure amie : la caméra. Son travail quotidien est de tourner, d’interviewer, et de dénicher tout ce qui sera utile. Selon les chaînes, il travaille plus ou moins seul. Chez TF1 par exemple, il est toujours accompagné d’un rédacteur, qui réalise les interviews. Pour BFM TV, par contre, il part très souvent seul et tourne ses images en même temps qu’il pose les questions de ses interviews -pas évident.

Les qualités d’un bon journaliste sont bien entendues requises. A ce titre, la disponibilité est essentielle – ce n’est pas vraiment le genre de boulot qui dure de 9 heures à 18 heures. Le petit coup de fil de Paris un dimanche tôt dans la matinée me l’a bien appris. Le couple talentueux / travailleur est particulièrement important pour le JRI. On n’est pas là pour faire les 35 heures. Ne pas compter ses heures, et être prêt n’importe quand. Il ne faut pas oublier non plus que le job implique un certain sens de l’image et du cadre. Et enfin, l’audace est une qualité capitale pour le journaliste. Etre couillu ou ne pas avoir de boulot. A ces qualités, Nicole, qui travaille avec TF1, ajouterait “qu’un journaliste qui n’a pas de chance, c’est une faute professionnelle.

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LA PHOTO, LA VIDÉO ET MOI Pour un jeune photographe débarquant dans le milieu de la télévision et de la vidéo, l’expérience est extrêmement décontenançante. Il s’agit toujours de saisir le bon moment dans le bon cadre, mais pas seulement… Au montage, Nicole m’a dit dès mes débuts : “Laisse tourner plus longtemps. Pose-toi un peu plus, essaie de sentir le truc venir, et laisse le vivre dans le cadre.” Au niveau technique, toutefois, tout était assez similaire. Pas de gros soucis.

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LA PRATIQUE JOURNALISTIQUE EN ELLE-MÊME C’est au moment du montage que tout se décante. L’on voit très rapidement quelles sont les bonnes images, les bonnes transitions, et quels sont les cadres inutiles ou à jeter. Même en connaissance l’angle du sujet avant et pendant le tournage, le montage est impitoyable. Mon plus gros travail a été de raisonner et de fonctionner en séquences comprenant, pour une action décomposée, différents angles et valeurs de plans. Histoire d’avoir, comme toujours, le choix au montage pour différentes idées. Et ce choix, il faut l’avoir. Il faut pouvoir montrer une action dans son ensemble ou bien simplement situer le cadre de ce qui suivra dans le reportage. Il faut beaucoup de choses, et il faut avoir sa petite checklist dans la tête : mon plan large, un petit pano, un travelling, une action large/moyen/serré, clac un contrechamp… Et ensuite, être ouvert et prêt à aller chercher les images.

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Trève de paroles. VOICI LES IMAGES