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Deux semaines de Rencontres d’Arles

Dingues semaines que les deux premières de juillet 2012. J’ai été embauché par les Rencontres d’Arles pour couvrir l’ensemble des événements du festival. Je dis bien l’ensemble car, en effet, passée la semaine d’ouverture, Arles se vide de ses VIP et de ses happenings. Plus rien à se mettre sous la dent à part les expos.

A coup de 17 heures par jour, nous avons photographié beaucoup d’événements. Nous, la fine équipe des Rencontres : Etienne Chosson, Benjamin Mouly, tous deux étudiants à l’ENSP d’Arles, et moi-même.

JOURNALISME OU COMMUNICATION ?

Autant ne pas se voiler la face : nous n’étions pas là pour ramener du scoop ou de la news. Nous étions là pour photographier l’événement, dans trois optiques : – Fournir des supports de communication aux Rencontres. L’an prochain, nos images seront dans le catalogue 2013. Idem pour les affiches, les plaquettes… – Constituer des archives. Je suis particulièrement sensible à cette idée de conserver une archive de ce qui s’est passé dans le passé. – Et répondre à une demande urgente. Exemple : la ministre de la culture, de passage à Arles, voulait quelques images de sa visite.Boum, dans la soirée elle les avait sur sa boîte mail.

Il suffit de le savoir. De ne pas croire à l’inverse. Respecter une commande précise dans un but qui peut ne pas être celui que l’on aimerait donner aux images.

En ce sens, le travail des étudiants recrutés par Olympus pour une carte blanche sur la semaine d’ouverture, pour le projet “Olympus fait le mur”, semble bien plus excitant. Carte blanche avec pour seule consigne d’éditer, de tirer et d’accrocher chaque jour des images sur les murs de l’hôtel Arlatan et au bâtiment Formation des Ateliers. Priorité au regard d’auteur et au décalage.

PARLONS EN IMAGES

J’ai trop de choses à raconter. Trop de moments vécus pendant ces deux semaines. Pendant l’ouverture, Arles est bouillonnante, et les accès super VIP qui m’ont été octroyés m’ont placé dans un climat incroyable. Ainsi, je préfère vous raconter quelques petites anecdotes au gré de mes images.

Morceaux choisis.

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Darcy Padilla. Assurément ma plus belle rencontre du festival. Pour mémoire, c’est elle qui a réalisé le “Julie Project”, au cours duquel elle a suivi pendant 18 ans une jeune femme dévastée par la vie, l’acool, la drogue et le VIH, jusqu’à sa mort. Bouleversant projet, bouleversante personne. Nous nous sommes occupés d’un petit oiseau blessé, qui mourut le lendemain, rendant Darcy très triste.

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François Hébel. Directeur des Rencontres, “monsieur Arles”. Critiqué pour la recette vieillissante qui a pourtant redonné sa noblesse au festival. Constamment suivi par Laurianne, son assistante. Toujours présent, au courant de tout. Il a pris le balai un soir derrière le bar presse car quelques feuilles trainaient, puis est reparti en courant. Il a voulu voir un diapo de nos photos. Il est partout, et veut tout faire.

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Josef Koudelka. Présent à Arles pour l’exposition unique des tirages originaux de son projet “Gitans”, ce bonhomme est assez incroyable. Il a créé une sorte de vide autour de lui, dans lequel ne pénètrent que ses amis. Il déteste les journalistes. Il déteste les photos de lui. Il déteste qu’on rapporte ses paroles. Alors le prendre en photo souriant, c’est une petite victoire.

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Musée Départemental de l’Arles Antique. Je n’ai pas pu résister …

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Ce monsieur est photographe. Photographe pour le SIRPA (le service comm’ des Armées). Son job consiste en ce moment à shooter les différents missiles testés par nos armées. Une sacrée pointure technique dans un domaine qu’on ne soupçonne pas !

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Aurélie Filippetti. Notre chère nouvelle ministre de la culture, qui a “honoré le Festival de sa présence pendant une journée”. Après une petite bouffe VIP chez Maja Hoffman, visite au pas de course des expos à travers la ville. Elle a montré une réelle curiosité pour certains artistes : Sébastien Calvet aux premières loges, ainsi que Grégoire Alexandre. Fun fact : dans son discours de politique générale, prononcé quelques jours plus tard, les mots “photographie” et “école” ne furent pas cités une seule fois.

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Ali Reed (Magnum Photos) bien attentif à ce que disent ses camarades pendant la conférence sur l’avenir de Magnum -article à venir !

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Grégoire Alexandre à l’oeuvre pour la photo de groupe des artistes, un matin de hangover suite aux soirées Voies Off, très, très tôt.

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Ferrade de Maja Hoffmann, quelque part en Camargue. Ou le seul événement super VIP où les convives mangent une paella dans des assiettes en plastique, au son d’une musique jouée par des gitans, après avoir admiré le marquage au fer des taureaux nés dans l’année. Hors du temps -et près des moustiques.

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