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Test de l’Olympus OM-D aux Rencontres d’Arles 2012

Toujours à la recherche d’un petit boîtier sympa à trimballer tous les jours, j’ai profité des Rencontres Internationales de la Photographie, à Arles, pour essayer le dernier né de la gamme Olympus, l’OM-D. Ou plutôt le ressuscité. Car l’OM-D est l’héritier direct de l’OM-1 de 1972. Avec ce petit reflex 35mm, Olympus entendait faire de l’ombre à Leica, qui jouait la carte de l’appareil miniature. Succès commercial, tous les fabricants ont par la suite lancé leur “OM-1-like”

Mais retour à l’OM-D. Tout comme le test du Fuji X100 posté sur ce blog au mois de mai, j’aimerais raisonner ici encore a priori. Je me cite :

Cet appareil me servirait principalement comme boitier d’appoint, comme passe-partout, comme un atout discret mais capable. J’attends une bonne réactivité à la prise de vue (allumage, autofocus, mise au point manuelle, stockage…), une qualité d’image satisfaisante, particulièrement dans les hautes sensibilités. Less is more, dit-on souvent : pourvu que le boitier soit simple à manier et à régler. Enfin, un boitier numérique solide, cela devient rare. J’espère pouvoir faire confiance à cet OM-D pour ne pas s’encrasser ou marquer à la moindre rayure. Après, il y a des choses dont je me fiche. Exemple type : le flash. Je ne savais même pas qu’il en avait un. Qu’il soit manuel ou semi-automatique m’est égal aussi, tant que la cellule est précise et simple à lire. De même, plus la batterie est longue, mieux c’est ; mais je ne m’en préoccupe pas, car j’aurai de toute façon plusieurs batteries.

JOUR 1 : PRISE DE VUE

Avant de commencer, merci à ces messieurs d’Olympus, qui réalisent un coup de marketing très bien pensé : à Paris ou à Arles, l’on vous prête un OM-D pour la journée contre une simple carte d’identité. Bien évidemment, il est garni avec carte mémoire, batterie, flash, grip si vous le souhaitez, et l’objectif de votre choix. J’ai opté pour ma part pour le 12mm f/2.0, qui date de la série Pen numérique. Deux raisons à ce choix : – sur le capteur de l’OM-D, il devient un équivalent 24mm ; – il est le seul objectif de cette gamme qui ait une bague de mise au point débrayable, c’est-à-dire qui, quand on la tire vers nous, affiche une échelle de mise au point, et non une bague tournant dans le vide. Fuji X100, si tu m’entends….

Le look : un petit gros Visuellement très agréable, l’OM-D surprend par sa petite taille. Son parfait look de reflex argentique (le dos en moins) lui confère une élégance certaine, que vient gâcher un peu le toucher de cette petite chose. Gros doigts, vous allez souffrir pour changer quelques réglages pourtant très utiles. Par exemple, les touches PLAY, Fn1 et Fn2 (personnalisables), mais j’y reviendrai.

Première impression : la rapidité C’est ce qui saute aux doigts quand on prend l’OM-D en main et que l’on vise son premier sujet : l’autofocus devance très largement le X100, la stabilisation s’enclenche de suite et fait un très bon boulot, et le déclenchement est instantané, sans temps de latence donnant envie de devenir criminel. Je n’ai pas mesuré le temps de démarrage du boitier, j’avoue, j’ai oublié. Je n’ai qu’un souvenir d’une photo ratée car le boitier était éteint. Et que, le temps qu’il se rallume…

C’est un très bon point que marque ici l’OM-D. Ce genre de petites choses que l’on porte tous les jours avec soi doit – à mon sens – réagir au quart de tour. Autant dire que par rapport au X100, l’avantage est de taille. Et l’avantage conféré par le 12mm, avec son échelle de mise au point, est indéniable dans ce genre de situations. Bravo Olympus !

Cachez ce viseur dans lequel je ne saurais voir Attention, ce paragraphe contient des contradictions. Moi qui suis amateur de beaux viseurs et qui rechigne à utiliser ces viseurs numériques et les écrans arrière – que je désactive systématiquement -, l’OM-D m’a fait adopter une pratique que je ne connaissais que peu : Face à la pauvreté du viseur numérique de l’OM-D, j’ai préféré toujours cadrer à l’aide de l’écran arrière. Une raison à cela : l’écran 7,5cm OLED de 640 000 points est superbe, flatteur et rapide ; tandis que le viseur numérique est simplement dégueulasse. Vivement les viseurs numérique HD à 400 000 points, et plus ces vilains TFT qui clignotent lors des focus…

Ergonomie ennemie Voici pour moi le gros point noir de ce nouvel Olympus : son ergnomie. J’ai déjà parlé des petits boutons, mais j’aimerais insister encore, tellement je suis colère. Impossible de faire “play” sans toucher “Fn”, et inversement. La touche d’appel Fn placée sur le haut du boitier est mal placée et inatteignable avec le grip. Quoiqu’il faille applaudir ces touches customisables qui permettent d’appeler différentes fonctions : les courbes, le réglage ISO, et que sais-je. Pratique et évolutif ! Disons un mot des menus, qui sont à mon sens un peu fouillis, puisqu’il en existe en fin de compte trois : – un menu affichant les réglages en cours (difficilement atteignable car calé près du prisme, non mais quelle idée…) – un menu de réglages de base, le plus courant, – et un menu avancé permettant de régler les paramètres de la caméra, de l’écran, de l’enregistrement vidéo, etc. Alors pour s’y retrouver, bonjour. Ah, oui, et merci pour l’oubli du rétroéclairage des commandes, je pensais que tous les petits hybrides faisaient ça maintenant.

Enfin, sur la taille du boitier, je suis dubitatif. Le boitier est vraiment petit et laisse peu de place aux grosses mains. Le point positif à cette petitesse, c’est que même avec l’objectif et le flash, il se loge dans n’importe quel sac. Dubitatif.

Flash, grip, accessoires… Olympus fournit un petit flash, qui se monte sur le… porte flash, et est alimenté par une griffe, donc directement par la batterie. Dans le genre puissant, on a vu mieux, mais il suffit à déboucher quelques ombres ou à s’amuser en synchro lente. De même, deux grips sont disponibles : – Un booster d’énergie – Et un grip simplement ergonomique. Les deux ont un déclencheur supplémentaire, décalé sur la poignée, doublant l’usage du déclencheur du boitier. Olympus m’avait équipé du grip ergonomique, que j’ai trouvé assez agréable. Sans plus. Au niveau batterie, la présence du booster peut être un plus, car les jeunes filles qui bossaient avec les OM-D toute la journée ont eu quelques difficultés d’énergie, surtout avec un usage intensif du flash.

JOUR 2 : TRAITEMENT ET VERDICT

Préambule Malheureusement, il m’a fallu rendre cet Olympus à ses propriétaires. J’ai récupéré mes images sur mon disque, et j’ai profité des journées d’editing de la fin du stage pour jeter un oeil. Là encore, autant prévenir avant : les images ont été prises en JPEG comme je les aurais réalisées dans la vie de tous les jours, sans me soucier des hauts ISOs et compagnie, et elles sont passées par Lightroom. Je ne vois pas bien l’intérêt de vous présenter un test matériel dans des conditions qui ne seraient pas celles de mon quotidien.

Qualité de l’optique Il faut noter ici que je n’ai essayé que le 12mm f/2.0. Comme je vous l’ai dit, je ne cherche pas à être exhaustif, mais bien à rendre compte d’une expérience sur un matériel donné, dans les conditions dans lesquelles je l’utiliserai probablement. Parlons donc de ce 12mm (équivalent 24mm en 24×36). Sa bague de mise au point rétractable est un gros avantage, car je trouve les bagues tournant dans le vide d’une pénibilité sans nom, comparées aux bagues qui ont un début, une fin, et une échelle de profondeur de champ entre les deux. Non mais, qu’est ce que c’est que ce retour en arrière stupide ? Une photo vaudra mieux que des mots, et puisque je me sens d’humeur coquine, voici – oh scandale – un crop 100% du visage de mon ami Etienne avec qui j’ai travaillé ces derniers jours à Arles. f/2.0, ISO 200, 24mm. Net, détaillé, dynamique, couleurs respectées. Au top.

Un capteur, oui, mais un bon ! Tout comme j’ai été surpris par la qualité des images sortant du Fuji X100, je suis très heureux des résultats de l’OM-D. Des tests plus experts répondront mieux que moi à cette question, mais je pense à titre personnel qu’ils font jeu égal. Les images présentées dans cet article ont été prises à des vitesses ISO très élevées, allant typiquement d’ISO 1000 à ISO 6400. Même en sachant cela, je vous mets au défi de trouver la différence. Alors évidemment, à ISO 6400, les contours s’estompent au profit d’un grain – une fois débruité – assez seyant, et la dynamique plonge un peu. Mais franchement, le résultat est très honorable, et je n’ai pas hésité à y aller. Une fois derrière l’écran, les images sont plutôt bonnes. Légèrement surexposées comme je l’avais demandé au boitier, leur dynamique est quand même assez intéressante pour un capteur de cette taille. Si elles sortent légèrement fades, c’est plutôt pour enregistrer un maximum d’informations. Une qualité précieuse.

Filtres artistiques ? Pour amuser les jeunes gens, Olympus a équipé son OM-D d’une série de filtres “artistiques” assez variés : *pinhole, pop art, monochrome, dramatic, * et j’en passe. Une fonction dont je ne me suis pas beaucoup servie, hormis le filtre monochrome, qui une fois un peu boosté, est au final assez rigolo, mais voyez plutôt un exemple avec une synchro lente et le flash.

ENGAGEZ VOUS ! N’ayons pas peur des mots : cet OM-D est une réussite. Petit, hyper rapide, très qualitatif, largement équipé en optiques, il ne peine que par son ergonomie. Il reste toutefois trop cher pour moi, et moins excitant que le Fuji X100, bien que l’OM-D le surpasse en rapidité d’exécution, qui est un de mes critères principaux… Mais c’est aussi ça le charme d’essayer du matériel : on a beau savoir quel est le meilleur, on reste attaché à autre chose…