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Prix Leica Oskar Barnack 2012

Une nouvelle que j’attendais depuis l’an dernier est tombée la semaine dernière : les lauréats du prix Leica Oskar Barnack 2012.

Et j’attends de pied ferme le cru 2013. Car oui, je suis un peu déçu.

Le grand prix Leica Oskar Barnack L’an dernier, avec Jan Grarup, nous avions un grand photojournaliste, presqu’au sens classique du terme. Ce maître de la lumière danois avait montré les conséquences du séisme en Haïti avec une sensibilité à l’humain incroyable.

Cette année, c’est Frank Hallam Day qui remporte la palme, pour son projet ‘Alumascapes’. Et je n’accroche pas à ces images de Floride, presque toutes identiques, qui sont certes intéressantes en tant que représentant ces vacances de l’homme moderne ; mais sur le plan photographique… Quel intérêt de primer cette série de photographies au prix Leica Oskar Barnack ? Je veux dire… Je n’ai pas l’impression de regarder un travail de photojournaliste quand je vois une série de quinze images si identiques. Non, j’ai l’impression de regarder une planche d’art moderne. Aucune variation si ce n’est des couleurs s’échappant des vitres des camping-cars, aucune explication dans les photos… Au risque de paraître très snob, je ne vois pas où est l’esprit Leica dans ces images.

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Le Leica Newcomer Award” En 2011, Jin Huang est nommé. Un travail extraordinaire, un editing de folie et un esprit de poésie. Une beauté. Pour 2012, Leica récompense Piotr Zbierski. Si vous voulez du rêve, du beau noir et blanc et des photos dérangeantes, filez, c’est assez extraordinaire.

Pour la seconde année consécutive, Leica choisit de donner une vitrine à un photographe moins renommé et au travail plus artistique, moins académique. Un choix que j’approuve humblement, en me délectant de ces compositions surprenantes.

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Les oubliés du concours Ca ne sert pas à grand chose de râler, en fait. Autant profiter de cette occasion pour regarder quelques travaux…

Alors, mon préféré : Alexandros Demetriades, pour son projet “Arab Spring : Theater of Life”. Des jeux d’ombre et de lumière, des couleurs à tomber, un regard documentaire sur ces événements autour de la Méditerranée… A tomber.

Je vous propose aussi celui d’Angelos Tzortzinis, un grec qui a couvert les manifestations à Athènes de cette année. Bon, ça sent un peu le noir et blanc numérique, mais l’ambiance est apocalyptique !

Nous parlions plus haut de documentaire classique. Je vous présente Eduardo de Francisco et son essai sur un camp de réfugiés somaliens. A ne pas regarder avant de souper, ces images ont un petit goût de James Nachtwey…

Je terminerai ma sélection par un ensemble de noirs et blancs très intéressants, de Federico Scopinich. Contemplatif, graphisme, et maîtrise technique évidente.

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En bref… En bref, j’aimerais bien mieux comprendre d’une part le choix du jury de primer Frank Hallam Day, et d’autre part la démarche de cet auteur, qui en fin de compte doit m’échapper s’il est primé à un si haut niveau. Mais ce prix reste encore une référence à travers laquelle je découvre beaucoup de talents et d’auteurs incroyables. En bref, encore, j’espère avoir le privilège de pouvoir discuter avec les lauréats ce mardi soir, à la petite sauterie Leica organisée au festival des Rencontres d’Arles, pour qui – pour la petite histoire – je vais travailler pendant les deux prochaines semaines. Yay !

– Toutes les images sont la propriété de leurs auteurs respectifs