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Journal de France de Nougaret et Depardon

Basile : Souhaitons la bienvenue à Raphaël sur ce blog. Pris que j’étais par un petit tour en France pour quelques concours, je lui ai demandé d’assister à la projection privée du nouveau film de Depardon. Il s’est consciencieusement remis dans l’oeuvre de l’artiste, et j’avais toute confiance dans ses connaissances en cinéma – dépassant largement les miennes – pour nous donner un point de vue intéressant sur ce film. Je profite de cette intro pour lui rendre hommage, lui qui est si souvent aux manettes derrière ce blog ou derrière mes photos. Merci à toi, copain.

Journal de France raconte une belle histoire. L’histoire d’un reporter engagé, à travers une sélection d’images tournées aux quatre coins du monde.

Des premières images de rues de l’apprenti-cinéaste de 20 ans à Paris, jusqu’à ses récents documentaires sur la justice, en passant par le Tchad et les hôpitaux psychiatrique de Venise, on est plongé dans l’univers de Depardon. Dans ses combats. À travers ces bouts de films, pour certains inédits, l’émotion est complète.

Les images de rues tournées dans la clandestinité en Tchécoslovaquie, un an après la répression soviétique du Printemps de Prague, m’ont particulièrement touchées. La tension est palpable. Le poids de l’oppression est là. Il ne se passe pas grand chose et c’est pourtant très fort. Les tchèques résistent passivement et font finalement fuir les soviétiques.

Ces bribes de mémoire sont assemblées de manière chronologique, comme pour apprécier l’évolution du cinéaste dans sa façon de filmer. Elle sont montées pèle-mêle, en parallèle avec des images d’aujourd’hui. Des images de Depardon sillonnant les routes, dans son travail sur le territoire français.

C’est assez singulier de voir le photographe errer avec sa caravane et sa chambre grand format. Je suis partagé entre la fascination de voir Depardon travailler et le dégout de voir ce périple mis en scène pour les besoins du film. Cet arrangement déteint trop par rapport à la spontanéité des images de ses documentaires. La mise en scène atteint son paroxysme à la fin du film : on enchaîne les belles images aux lumières flatteuses, soulignées par une musique dynamique. C’est trop facile et dommage de finir le film comme cela.

Pour un faiseur d’images, le son a une place très importante dans Journal de France. C’est la patte de Claudine Nougaret, sa compagne, qui raconte en voix off les à côtés de l’image, ce qui est hors champs. Elle parle heureusement assez peu, mais laisse s’exprimer simplement ses prises de son, directes et sans artifices.

Ce film est plutôt un ovni, un mélange de plein de choses. Ce n’est pas un documentaire sur Depardon, ça ne parle pas de photographie, pas non plus de cinéma. Je ne comprend pas le titre. J’ai pourtant passé un très bon moment au cinéma. Courez-y dès demain :)

– Toutes les images sont la propriété de leurs auteurs respectifs