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Deux photographes, deux visions

Je voulais revenir sur cet article de Time-Lightbox, publié le 28 décembre, intitulé Two takes : One picture, two photographers. Déjà, si vous prétendez aimer le photojournalisme et n’avez pas encore le flux RSS de Lightbox enregistré, c’est véritablement un scandale. Ensuite, cet article m’a paru des plus intéressants.

En effet, ce site de Time est tenu par leurs *photo editors, *c’est-à-dire les messieurs aux yeux de lynx payés pour regarder des centaines d’images de presse chaque jour afin d’en sélectionner la substantifique moelle. Ces hommes et ces femmes sélectionnent les photographies qui feront les couvertures et les double-pages, parmi toutes celles qui leur sont envoyées. Dans cet article, ils nous proposent un double point de vue très intéressant : pour une même scène, ils nous présentent deux images de qualité, prises à des moments très proches, par deux photographes distincts. Il me semble, sans que je puisse affirmer que cela soit systématique, que c’est la photo de gauche qui a été retenue par les éditeurs. L’article publié dessous explique cette idée : les photojournalistes se regroupent. En zone de conflits, les amitiés se nouent, et pour s’entraider, les photographes voyagent et travaillent en groupe. Beaucoup estiment ne pouvoir parler qu’avec leurs pairs de leur travail et des choses qu’ils ont vécu. C’est un comportement humain tout à fait normal, renforcé par les organisations journalismo-touristiques de trajets communs embarquant les journalistes, comme ce fut le cas par exemple en Egypte à l’été dernier.

Tout cela aboutit à des coïncidences et des moments où de nombreux photographes shootent le même élément.
Petit exemple, à Haïti, l’an passé.

C’est ce qu’illustre cet article de Lightbox : Beaucoup d’images, dont nombre se ressemblent, alors que quelques-unes seulement sont appelées à être élues et montrées au public. Bon visionnage.