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Tim Hetherington : The Libya Negs

 

Si vous suivez l’actualité journalistique depuis plus d’un an, vous avez forcément entendu parler de Tim Hetherington et de Chris Hondros. Vous avez forcément entendu parler de la mort de ces deux photojournalistes de premier ordre, morts le 20 avril 2011, à Misrata, en Libye, frappés par un mortier. Leur mort a fait l’effet d’une lame de fond sur la communauté photographique et journalistique en général. Les obsèques d’Hetherington ont été retransmises en live par Reuters et l’AFP, et ont été suivies par des milliers de spectateurs. Beaucoup de magazines ont prêté quelques colonnes à saluer ces deux photographes, largement reconnus par leurs pairs comme expérimentés, prudents, professionnels, et surtout, doués.

Hetherington n’était pas seulement un photographe : il a coréalisé Restrepo, en 2010, un film sur la guerre d’Afghanistan, primé maintes fois parmi les films documentaires. J’ai découvert, via le site de Magnum, qui distribue depuis sa mort les photos d’archives de Tim, que ce dernier n’était pas parti en Libye pour du “spot news”, mais pour un travail de fond. Il souhaitait montrer comment les jeunes rebelles agissent dans ce conflit, car pour nombre d’entre eux, c’est la première fois qu’ils portent les armes ; comme ils s’efforçaient de correspondre à cet idéal Hollywoodien du soldat rebelle. Dans sa démarche, Tim avait choisi de ne travailler qu’en argentique, et en moyen format, avec un Mamiya 7II (télémétrique et 6×7).

Mais trêve de paroles, voici les images.

Les lecteurs réguliers savent à quel point cette démarche me plaît. Je trouve ça formidable que des reporters osent encore partir en argentique pour ramener autre chose que de la news pure, résumant en une image une situation qui ne peut pas l’être. Tim montre dans ses images l’impact de la guerre sur toutes les couches sociales, et nous dépeint des combattants aux looks hétérogènes.

Chapeau l’artiste, et bon repos.

Image : tous droits réservés Magnum Photos