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64 cases pour un génie

 

Mardi 6 décembre au soir, j’ai allumé la télé. Je précise ce fait là parce que c’est relativement peu commun pour moi. Et je suis tombé sur le superbe reportage d’Arte qui parlait de la vie de Bobby Fischer (1943-2008), champion du monde d’échecs 1972, que d’aucuns considèrent comme le plus grand joueur d’échecs qui ait jamais vécu.

Petite page biographie, pour situer : Il est devenu champion des Etats-Unis à l’âge de 14 ans. En 1972, en pleine guerre froide, il remporte le “match du siècle” face à Boris Spassky. L’engouement pour ce sport est incroyable, c’est véritablement le symbole de l’affrontement de l’Est contre l’Ouest, en Islande. Le match a été extrêmement médiatisé, et Fischer marqua les esprits par ses prouesses “off” : il hésita jusqu’au dernier moment à venir en Islande, puis à se présenter à la première partie (il arriva avec un peu moins d’une heure de retard), demanda à jouer dans la salle de ping-pong car les caméras et le public étaient trop bruyants dans la salle principale… Bobby Fischer était un excentrique. Paranoïaque et névrotique, il ne cessait de clamer sa haine pour les Etats-Unis et de revendiquer son antisémitisme, lui qui était juif avant de verser dans les églises originales américaines.

Mais pas la peine de s’appesantir plus sur le personnage. Le reportage d’Arte était commenté par ses proches, son entraîneur, et un photojournaliste, Harry Benson, qui travaillait pour LIFE à l’époque. Beaucoup d’images ont été montrées, et j’ai réussi à en dénicher quelques une sur internet. Ce sont ces images que je vous présente dans ce billet. Ces photos de grande qualité, d’un homme dérangé, qui se réfugie aussitôt la partie terminée dans la campagne islandaise pour “voir des animaux” après avoir remporté le match du siècle et avoir été sacré champion du monde ; d’un homme qui voulait s’entraîner comme les plus grands sportifs pour être à la hauteur  du défi ; d’un solitaire déchiré mentalement.