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Mamiya 645

Comme je vous l’avais annoncé plus tôt, j’ai acheté un Mamiya 645. Sur un coup de tête, à vrai dire. Il est arrivé intact il y a quelques jours. Je l’ai aussitôt chargé de Portra 160, afin de vérifier la cellule et de faire mes armes.

Le contact est très agréable. Si la position du déclencheur peut laisser perplexe, cela est en fait plutôt pratique à l’usage. Le chargement du film se fait dans un insert, et non dans un dos amovible comme d’autres 645 ou les Hasselblad, pour ne citer qu’eux. Pas de changement de film ou de sensibilité en pleine prise de vue, donc. Clac, la porte arrière du boitier se ferme et ne bouge pas d’un millimètre : signe d’étanchéité ? Il s’avère que oui.

Les premières photos s’enchainent. La bague de mise au point est très douce, très précise, c’est de la belle mécanique. L’objectif 80mm f/2.8 permet de faire la mise au point à pleine ouverture ou à diaphragme réel, ce qui est pratique pour les pointilleux de la profondeur de champ. Je reviendrai à ce point plus tard. La cage claque et vibre à chaque déclenchement, je viens de mieux comprendre pourquoi il n’est pas bien recommandé de descendre en dessous du 1/60e de seconde.

J’étais habité par le souvenir de mon premier moyen-format, un Mamiya aussi, un C220, qui exposait des 6×6, que j’ai vendu un peu triste à Olivier. Un souvenir de profondeur de champ vraiment faible. J’ai tâché de faire bien attention aux mises au point, mais vous verrez que ça n’a pas été évident.

Il me faut dire un mot du viseur aussi, au milieu duquel trône le stigmomètre. Un viseur large, précis, et d’autant plus contrasté qu’il est situé dans un noir vraiment total, à l’inverse des viseurs de poitrine du C220 et des Hasselblad. Clairement, le 645E est un appareil de reportage, fait pour être emmené dans la rue. La poignée “rapid winder” en atteste. Il me manque un insert pour fixer la mienne, mais la prise en main de l’appareil couplé à cette poignée est très proche d’un gros reflex, et met vraiment en confiance quand à la rapidité du système.

L’appareil est équipé d’une cellule, très précise. Il fonctionne en A (priorité ouverture), ou en manuel. Il est même équipé d’un mode AEL (Auto Exposure Lock), qui verrouille une exposition prédéfinie. Pratique ! Le correcteur d’exposition pour le mode A va de +2IL à -2IL. Rien à dire de ce côté-là, ça marche bien.

Mais place aux images : <!--more-->

– La première illustre la rapidité du système : c’est un portrait de l’ami Maxime, pris presque à la volée, à f/4. Si, f/4. Quand je vous dis que le moyen-format a une faible profondeur de champ, je ne vous mens pas. – La seconde a été faite à une ouverture plus faible, f/11 si je me souviens bien. Je ne vous surprendrai pas en vous disant qu’elle regorge de détails. – La troisième ne présente pas d’autre intérêt que de montrer le rendu enveloppé et doux du film moyen-format. – La quatrième et la cinquième sont faites en intérieur, au 1/60e pour f/2.8, soit la limite du boitier, il me semble. Le décalage de la mise au point est bien faible et sensible. Et il ne pardonne aucune erreur. Gloups.

Disons maintenant un mot de la qualité des scans, réalisés sur le scanner Canon 2200F que j’ai testé plus tôt sur ce blog, et qui s’illustre ici encore par son absence de définition des matières situées dans les noirs, et par le manque crucial de mise au point sur le film.

Fidèle à moi-même, je ne vous offre pas de “crop à 100%” et autre photo de mire, ça ne m’intéresse absolument pas. J’aime tenir, essayer, toucher un boitier, et regarder son rendu dans différentes situations.

 

En résumé, je suis plutôt content de ce gros bouzin. Même s’il est massif, il est vraiment pratique à trimbaler. Il va me permettre de profiter de cette grande surface de négatif, mais il va falloir bosser sur le scan pour en tirer le meilleur. Je n’ai pas encore de vraie idée de ce que je vais en faire. Probablement faire confiance à sa “destination” : le portrait. Je vais essayer de le trainer dans la rue pour un peu de street, et pourquoi pas réfléchir sur des photos plus arrangées, mettant en jeu l’architecture et la profondeur de champ. Il est d’ores et déjà chargé en diapo, puisque la cellule est bien précise.  Ca fait un moment que je veux essayer ces belles choses que sont les films positifs.