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Commande

Jean-François D., médecin biologiste de la région lyonnaise, a changé de bureau dans son labo. Il occupe maintenant un bureau au milieu de la verdure, dont deux murs sont d’un vert souris.

Il m’a contacté pour décorer son intérieur, et plus précisément pour accrocher à ses murs des tirages. Amicalement, il m’a laissé carte blanche pour trouver une idée et la lui soumettre. C’était donc un petit défi : trouver un idée et l’exploiter photographiquement pour un style relativement “déco”, et le faire correspondre aux souhaits d’un féru d’art et d’un esthète. Pour moi qui croque chaque jour des images de reportages, dont certaines sont “dures”, ce n’était pas évident.

Il apparaissait toutefois évident que mon commanditaire ayant mis l’accent sur la couleur des murs de son bureau, je devais m’orienter vers un travail en couleur, presque coloriste, pour donner une vie et un look chatoyant à cet espace de travail. Je suis alors allé trainer avec mon Leica chargé en Fuji Superia près de la résidence universitaire de Jussieu (Villeurbanne), refaite il y a quelques années avec de grands murs très colorés. Sur le chemin j’ai rencontré de grands escaliers avec lesquels j’ai essayé de jouer, non sans l’inspiration de la photo de Cartier-Bresson. Une fois dans la résidence, j’ai su que je trouverai ce que je cherchais ici. Deux portes se font face et leur couleur se répondent parfaitement et symétriquement. Il ne me restait qu’à poser un petit morceau de vert. Ce mur rouge, du même bâtiment que les portes, m’a parlé lui aussi. Il était dans l’ombre lui aussi au moment du shooting. J’hésite encore entre les deux cadres, et je pense laisser le choix final à mon client. Pour finir, j’ai exposé deux vues devant la médiathèque de l’INSA dont je cherchais là aussi les aplats de couleurs oranges, avec la lumière de fin de journée. Une étudiante est venue s’inscrire dans le cadre. Très classique.

Voici la planche-contact des photos que je lui ai proposé. Les photos qui lui ont plu sont marquées d’un cadre rouge.

Seule ombre au tableau : les scans étaient faits avec le Canonscan 8800F, dont j’ai déjà parlé de la piètre qualité dans ce post. Les photos sortaient légèrement floues, un poil sous-exposées, et pleines de couleurs exotiques, comme en témoigne cette planche-contact. J’avais mis cela sur le compte du film Fuji et d’un développement approximatif au club photo Graines d’Images. Il était clair que je devais reshooter mes photos et faire les tirages depuis le néga lui-même, par le labo. Mais ce test m’a ouvert les yeux, et j’ai enfin pu rescanner mes images avec le Minolta (même post, voir supra).

Les résultats sont cette fois bien plus satisfaisants ! Les photos sont enfin neutres, pleines de détails, et nettes. Je me demande aujourd’hui comment j’ai pu autant douter de moi-même et de mon matériel. Avec une telle lumière, un film 200 ISO et un réglage autour de f/8-11, je devais obtenir un résultat satisfaisant.

Je lui transmets donc dès aujourd’hui les scans refaits, enfin propres, et parfaitement tirables.


Photos : Leica M4-P, 35mm Skopar, Fuji Superia 100, Tetenal C41.
Basile Simon – © Graines d’Images 2011

Il reste donc à choisir lesquelles il choisira, et combien il en souhaite. Nous choisirons ensuite le format et la finition.

Ah, que j’aime ce genre d’expériences. Répondre à une carte blanche et plaire sans consignes.