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Manifeste : L’internet, espace de création et d’espoir !

Maintenant, nous sommes une espèce d’éditeurs,
Tous, nous recyclons, nous faisons des copier-coller,
Nous téléchargeons et remixons.
Nous pouvons tout faire face aux images.
Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’un œil, un cerveau,
Un appareil photo,
Un téléphone, un ordinateur, un scanner, un point de vue.
Et, lorsque nous n’éditons pas, nous créons.
Nous créons plus que jamais,
Parce que nos ressources sont illimitées
Et les possibilités infinies.
L’internet est plein d’inspirations,
Du profond, du beau, du dérangeant,
Du ridicule, du trivial, du vernaculaire, et de l’intime.
Nos petits appareils de rien du tout, capturent
La lumière la plus vive
Comme l’obscurité la plus opaque.
Ce potentiel technologique a des répercussions esthétiques.
Il change l’idée que nous nous faisons de la création. Il en résulte
Des travaux qui ressemblent à des jeux,
Qui transforment l’ancien en nouveau, réévaluent le banal.
Des travaux qui ont une histoire, mais s’inscrivent
Pleinement dans le présent.
Nous voulons donner à ces travaux un nouveau statut.
Car les choses sont différentes,
À partir de
Maintenant…

(mise en page originale)

Je viens de lire ce texte en page 27 de Polka.

C’est le manifeste écrit par les cinq commissaires d’une expo des Rencontres d’Arles 2011, aux noms bien familiers des photographes : Clément Chéroux, Joan Fontcuberta, Erik Kessels, Martin Parr et Joachim Schmid.
Cet expo a pour but de montrer qu’internet “ouvre la voie vers un avenir fascinant à des nouveaux champs du processus créatif”.

Si vous êtes fidèles lecteurs d’articles sur la photographie moderne, et le photojournalisme en particulier, ce manifeste devrait vous parler.
Alors que tout le monde ne parle que de la crise de ce métier, causée d’une part par l’avènement du numérique, qui permet la captation facile de multiples images, et d’autre part par le développement d’internet, qui permet lui la diffusion de ces médias en un temps record et en tout point du globe,
Certains se lèvent pour dire le contraire : “non, internet est une richesse et un espoir pour réinventer le “processus créatif””.

Evidemment, on pourra objecter à ces commissaires qu’il est aisé d’avoir un tel point du vue pour eux.
Si Martin Parr propose un projet novateur inspiré d’internet et des nouvelles technologies, sa renommée lui permettra facilement de publier largement son œuvre.

Quid des jeunes artistes, des jeunes photojournalistes, pour le moment condamnés à des risques et des difficultés qui leur sont souvent insurmontables ?
Internet les sauvera-t-il ?