Basile Simon

Liens de la Semaine #6

Voila un moment que je n’avais pas mis à jour cette rubrique.
Les « liens de la semaine » devraient s’appeler les « liens du mois » ! Mais peu importe, c’est l’intention qui compte, non ?

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En tout premier lieu, j’aimerais vous envoyer lire l’article d’Eric Kim sur Josef Koudelka. L’auteur est certes critiqué, en partie parce que son succès internet fait des jaloux, mais il a le mérite d’écrire des articles qui ouvrent le champ de vision. Intitulé « 10 leçons que Josek Koudelka m’a appris à propos de la street photography », il réussit à tirer de l’oeuvre de Koudelka autant de leçons qu’il transpose à l’exercice de la street photography.
Ne râlez pas contre ces imbécilités d’articles qui n’apportent rien. Si vous lisez ce genre de blog, vous n’êtes pas dans la rue à prendre des photos ! Et l’oeuvre de Koudelka est tout simplement fascinante. Je l’ai moi-même rencontré cet été à Arles, avec en prime le bonheur immense d’admirer les tirages de sa série Gypsies. Comme je l’ai écrit plus tôt, c’est quelqu’un de fabuleux, qui a dédié sa vie à sa photographie, vivant dans une pauvreté extrême, et bougrement doué l’appareil à l’oeil.


©B.Simon


©J.Koudelka Magnum Photos

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En deuxième position, voici un article de Joey L., un photojournaliste Canadien, qui raconte sur son blog comment trouver un guide sur le terrain.
Comprenons bien que l’article s’adresse en priorité aux journalistes (quelle que soit leur spécialité), ou en tout cas aux personnes qui ont besoin de trouver sur zone un fixeur, c’est-à-dire une personne de la région qui remplit différentes fonctions : traducteur, conducteur, chasseur de contacts. Une espèce de gatekeeper qui renseigne sur comment se comporter, où aller, comment y aller… Un vrai homme à tout faire, un pilier du reportage à l’étranger sans qui beaucoup d’informations ne pourraient être rapportées.
L’article n’est pas très long, mais il a le mérite d’être clair. Surtout, il a ce côté « voilà comment j’ai fait, voilà mon expérience » que j’affectionne particulièrement. Il ne cite pourtant pas dans ses méthodes de recherche le site LightStalkers, pourtant un endroit très fréquenté par les professionnels de l’information en général et de l’image en particulier, sur lequel fleurissent régulièrement les annonces de fixeurs disponibles ici et là dans le monde.

A noter pour être complet que je suis Joey L. depuis son article sur PetaPixel : « 5 trucs de voyage indispensables pour les photographes. » Du conseil de bon sens (ne pas indiquer « photographe » en activité sur les formulaires de douanes) à « embauchez des autochtones », l’article est simple et léger, et permet de voyager bien au chaud dans son salon.

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Vous connaissez peut-être Eric Bouvet, un grand nom du photojournalisme français, passé par Gamma à ses débuts, et aujourd’hui indépendant. Et bien ce grand monsieur a, en plus de ses images de la première guerre de Tchétchénie, écrit un texte sur son expérience là-bas, une expérience terrible.
En effet, il a couvert ce conflit meurtrier (100 000 morts dont 5000 militaires, selon Wikipedia) du côté des Russes, et a vécu une vraie descente aux enfers, un naufrage dans la barbarie. Ce texte a été adapté au théâtre pour être donné à Saint-Barthélémy d’Anjou et à Bayeux.
Le très agréable blog de Claire Guillot, du Monde, en parle, avec des mots que je ne saurai surpasser.

En 1995, ce Français a couvert la guerre côté russe, aux côtés d’un commando de soldats sans état d’âme, qui bombardent, terrorisent, pillent, tuent, torturent à tour de bras. L’ambiance colonie de vacances des débuts, potache et arrosée, sombre peu à peu dans l’horreur.
(…)
Les reporters de guerre aiment en général raconter leurs aventures : ce sont souvent des histoires épiques, pleines de sang et de courage, où le héros s’en sort miraculeusement. Mais Eric Bouvet n’a jamais goûté au mythe du reporter de guerre glorieux : il répète souvent qu’il est « une personne normale », pas un héros, qu’à Paris il a bien d’autres choses à faire qu’à montrer ses cicatrices ou ressasser ses histoires d’ancien combattant. Son récit, Jusqu’au Bout, qu’il a publié à compte d’auteur, se veut celui de monsieur-tout-le-monde: on le voit confronté à la tuerie et à l’absurde d’une guerre qui ne le concerne pas, à vomir de peur et à se demander ce qu’il fait là.

Bref, j’aurais aimé être à Bayeux le 15 mars pour ne pas rater cette représentation.

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Dans la catégorie « texte retrouvé dans les oubliettes », il faut lire l’interview de W. Eugene Smith par Philippe Halsmann, de l’American Society of Media Photographers, qui date vraisemblablement de 1956, soit après son entrée chez Magnum.
Ses réponses sont poignantes, et la plus célèbre est sans conteste celle-ci :

Q: Cartier-Bresson never asks for this [staging]…. Why do you break this basic rule of candid photography?

A: I didn’t write the rules — why should I follow them? Since I put a great deal of time and research to know what I am about? I ask and arrange if I feel it is legitimate. The honesty lies in my — the photographer’s — ability to understand.


© W. Eugene Smith Magnum Photos

Smith est quelqu’un dont le parcours laisse sans voix :
Il a créé le format de l’essai photographique, en étant le premier à réaliser ce genre de travail en 1948 ; c’est son « Médecin de campagne. » C’est un photographe névrosé, obsédé par une chose : l’image, le cliché parfait. Témoin de cette obsession : il travaille pendant plusieurs années sur la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie), sans le soutien de Magnum et en ayant quitté le magazine Life, accumulant négatifs après négatifs, se ruinant pour payer son film et continuer son travail, qu’il refuse de publier partiellement. Gene Smith s’épuise et se perd dans ce labyrinthe, recherchant à photographier l’ensemble de la ville – travail titanesque qui l’a rongé pendant des années.
Et en écrivant ces lignes, je suis tombé sur un splendide article d’Esprits Nomades sur W. Eugene Smith. Mieux vaut ne pas le louper, et embrasser quelques instants cette personnalité torturée, qui mourra en 1978, avec 18$ sur son compte en banque, avec 11 tonnes d’archives déposées à l’Université d’Arizona (source : Wikipedia).

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Et pour terminer, si vous utilisez Google Reader, vous n’avez pas pu passer à côté de la nouvelle : le service fermera ses portes en juillet.
S’en sont suivis des tonnes d’articles sur le meilleur successeur à cet agrégateur de flux RSS, ainsi que des pétitions. A titre personnel, je regrette la fermeture de Google Reader, que j’utilise quotidiennement depuis près de 5 ans. Les arguments qu’on peut entendre un peu partout selon lesquels le RSS est mort et remplacé par Twitter, Facebook et j’en passe, sont des foutaises. J’utilise aussi ces services, mais rien ne peut remplacer mes RSS. L’agrégateur est le seul endroit où je retrouve l’actualité des sites et blogs que je lis régulièrement, dont je lis chacun des articles. Twitter reste un espace d’expression et de discussion intéressant, qui a quand même contre lui un rapport signal/bruit très faible.
Bref, pour ma part, j’ai migré vers The Old Reader, et j’ai trouvé Feedly détestable.
Mais si vous vous sentez l’âme d’un aventurier, Lifehacker vous propose une méthode pas-à-pas pour créer et héberger votre propre agrégateur, avec TinyTinyRSS. C’est ce que je ferai dès cet été.

Galerie Flickr : Noir et Blanc

Aujourd’hui, je vous propose de vous rincer les yeux avec quelques très noir et blanc très réussis, que j’ai réunis dans une galerie Flickr il y a quelques temps déjà.

Une étude amusante : saurez-vous dire quelles images sont numériques, et quelles images sont argentiques ?


- Arnaud Legrand


- Viola***


- WarriorJazz


- Cyrille Rabiller


- Philipp A.


- Robert Croma


- Sohrab Hura


- Sechmalsechs


- Ivan Constantin


- Sagasurfer


- R. Krabichler


Toutes les images sont la propriété de leurs auteurs respectifs – Tous droits réservés

Dissection du World Press Photo 2013

J’arrive après la pluie, mais c’est à dessein. Pourquoi vouloir se perdre dans le flot de critiques qui arrivent avec de tels événements.

Le mois de février voit la proclamation des résultats d’un des concours photojournalistiques les plus attendus au monde : le World Press Photo.
L’organisation néerlandaise récompense chaque année depuis 1955 les meilleures photos de presse. Et parmi les photos gagnantes, vous en connaissez très probablement plusieurs, qui ont marqué l’histoire.

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Cette année, c’est Paul Hansen qui remporte la palme, pour une photo rapportée de Gaza. En légende : « Suhaib Hijaizi, 2 ans, et son frêre aîné Muhammad ont été tués dans la destruction de leur maison par un tir de missile israélien. Fouad aussi a été tué, et leur mère a été placée en soins intensifs. Les frères de Fouad portent ses fils à la mosquée pour l’enterrement pendant que son corps est porté derrière, sur une civière. »

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A propos de la discussion sur la présence de la mort parmi les photos gagnantes de ce concours, je vous renvoie à la fin de l’article d’André Gunthert, « Anatomie d’un World Press Photo ». Un blog à suivre, dans tous les cas.

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C’est sur un autre point que je voudrais revenir. La photo d’Hansen est critiquée de manière très virulente par rapport à son soi-disant usage immodéré de Photoshop.
La raison ? L’image paraît fausse. La lumière paraît incroyable. Certains ont même parlé de HDR. Aye.
C’est la lumière qui semble poser problème. A condition de ne pas savoir comment regarder ! Sur l’image ci-dessous, on constate clairement que la photo a été prise un jour où le soleil tapait très fort sur Gaza. Ce qui veut dire un fort contraste, des visages dans l’ombre et une lumière qui vient d’en-haut. Tout le contraire de l’image de Paul Hansen en somme.

Oui, mais observez. En haut à droite, on voit clairement les ombres très dures des balcons qui confirment la situation de plein-soleil. Et pourtant, cette image a été prise dans une toute autre configuration : dans l’ombre. Dans l’ombre, et même, dans un moment de grâce où une quelque chose réféchit la lumière sur le mur de gauche, projetant cette lumière douce et si peu naturelle pour certains. Le petit diagramme réalisé par l’utilisateur Reddit Bennyboy1337 confirme bien cette hypothèse.

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Alors, est-on face à un abus des tirettes des logiciels de retouche où à une perte de confiance face à l’image ? Personnellement, je penche pour la seconde solution. Le thème est à la mode, et ce déficit de confiance commence d’être relativement agaçant.
Prenez l’image de James Nachtwey. Douteriez-vous de la sincérité de l’image ? Et pourtant, la situation est presque la même : un puissant soleil projète sa lumière sur un réflécteur – ici, le mur blanc sur la droite -, qui renvoie sa lumière sur les sujets.

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Peu de confiance non plus dans le jury d’Amsterdam. Pourtant, les fichiers RAW (équivalents du négatif) seront examinés. Et ce ne serait pas la première fois qu’une photo serait disqualifiée du World Press Photo. Même solution pour le jury de National Geo.
Mais ici, nous ne sommes pas dans la situation où un élément de l’image aurait été enlevé, mais seulement face à des critiques sur la saturation, le contraste, ou la modification de la lumière. Alors face à ça, on mobilise les arguments classiques : « oui, mais les tireurs argentiques faisaient déjà ça, bla bla… »
Non, nous sommes dans une époque où l’usage de la retouche et de Photoshop est un excellent argument de disqualification d’une image ; disqualification d’autant plus efficace que l’on attend du photojournalisme, plus que de la mode ou du portrait, qu’il dépeigne la réalité, et seulement la réalité.

Saga Vice / McAfee : qui a vendu la mêche ?

Pour John McAfee, la cavale est terminée. Mais aujourd’hui, les questions liées à son arrestation au Guatemala surgissent, et concernent à la fois Vice et Robert King, photojournaliste de guerre.

COMMENÇONS PAR LES PRÉSENTATIONS

Robert King est un photojournaliste de guerre dont la spécialité – outre les cadavres – est de débusquer ses sources avec brio. Et pour preuve, il a accroché à son tableau de chasse Julian Assange et Moqtada al Sadr, entre autres.
Jean-Paul Mari en fait un très beau portrait sur son blog, Carnets d’un Grand Reporter. Il le décrit comme «  un extraterrestre  », comme «  un givré  » rêvant «  de guerre et de photo  », «  d’obtenir un Pulitzer avant 30 ans  ». Oui, mais un givré talentueux – ou en tout cas qui fait parler de lui.
En bon jeune journaliste timbré et qui aime le charbon, il a naturellement croisé le chemin de Vice, ce magazine mensuel international d’origine canadienne à la ligne éditoriale radicale, parfois vulgaire, très urbaine et libre. Vice n’a peur de rien, et ses rédacteurs non plus. Le sexe, la drogue et l’alcool sont des sujets récurrents. Les expéditions en plein cœur de révolutions où d’endroits complètement hardcores sont légion. Alors forcément, Vice et King sont devenus business partners, comme en témoigne cet article élogieux. Enfin bref, Robert King est quand même «  quelqu’un  », sur le terrain. Il travaille avec Polaris, qui n’est certes pas Magnum, mais qui a malgré tout sa réputation. On a vu ses images sur le blog LENS du New York Times, et son film chez Paris Match

Nous avons déjà parlé de John McAfee, le fondateur de l’entreprise éponyme de sécurité informatique qui, à 67 ans, est encore fringuant et recherché dans une affaire de meurtre au Belize. Personnage sulfureux amateur d’armes à feu, de sexe et de drogue, plusieurs médias ont lâché leurs limiers à sa poursuite.
Comme Rue89 le rapportait plus tôt dans le mois, la chasse à l’homme a pris fin début décembre après que les reporters de Vice ont publié une photo aux côtés de John MacAfee… contenant les coordonnées GPS auxquelles elle a été prise, dévoilant ainsi la planque du fugitif. La photo est créditée au nom de Robert King, et prise avec un iPhone 4S.

BOURDE OU … ?

C’est donc une grosse erreur… qui a coûté la liberté à la source de Vice.

Mais il semble qu’il y ait encore pire. Selon les sources de Rue89 et celles de Wired, Robert King aurait posté sur sa page Facebook ainsi que sur son compte Twitter des messages appuyant la théorie que McAfee venait de poster sur son blog, selon laquelle il aurait volontairement modifié les données de géolocalisation pour créer une fausse piste. Cela n’a bien sur aucun sens d’éventer une telle manœuvre à peine mise en place… Bizarrement, les messages ont été supprimés dès que McAfee a avoué que ses coordonnées GPS avaient bien été divulguées, via son blog, parlant de l’erreur d’un «  technicien  » au siège de Vice.
A la suite de cela, Vice a publié un communiqué officiel :

«  Etait-ce prévu ? Ne l’était-ce pas ? Avons-nous été dupés ? Avons-nous merdé ? […]
Vice a décidé d’attendre et de parler aux personnes de notre équipe qui étaient sur le terrain et qui peuvent donc nous dire ce qui s’est vraiment passé, afin de s’abstenir de propager les mêmes rumeurs, mythes et folies qui ont composé cette histoire depuis le début.  »

Entre temps, McAfee a été extradé aux Etats-Unis après avoir été détenu puis hospitalisé à Guatemala City.

ALORS, ROBERT ?

Mais c’est véritablement le rôle de Robert King dans cette affaire qui est intriguant. Si l’on en croit l’article de Vice, c’est lui qui a pris la photo litigieuse, avec un iPhone 4S.
Nous avons alors interrogé Robert King, car la question tracasse : comment un photographe de son calibre peut faire une erreur aussi grossière ? Sans parler de Vice qui, pourtant habitué des données sensibles et des exclusivités, a aussi laissé passer ces métadonnées…

A cela, King répond chercher actuellement un conseil juridique pour se protéger de tout ce qu’il a reçu ces dernières semaines, et de la fuite de données pour laquelle il «  a été accusé.  »
Plus surprenant : il affirme «  ne pas posséder d’iPhone et ne pas avoir publié les métadonnées de géolocalisation.  » On le devine très mal à l’aise et craignant pour sa réputation, préférant pour le moment le déni. Et à juste titre : il n’est pas simplement accusé d’avoir diffusé l’image et la localisation, mais aussi d’avoir menti à dessein, sur sa page Facebook, pour couvrir McAfee, devenant par le fait même le complice de cette cavale, et non plus simplement le journaliste témoin. Enfin, s’il ne possède pas d’iPhone et s’il n’a pas partagé cette photo… qui l’a fait ?

On le voit à la lecture du communiqué de presse : Vice ne sait même pas ce qui se passe. Le magazine est pour le moment incapable de voir clair :
Est-ce une erreur ? Si oui, de qui vient-elle ? Est-ce un coup-monté ? Et si machination il y a, contre qui est-elle dirigée ? Contre McAfee, pour le faire coffrer, ou bien contre Vice ?
Le point de vue de John McAfee semble au contraire très clair sur ces questions : le 11 décembre, il a annoncé sur son blog cesser toute relation avec Vice Magazine, considérant que,  » selon de nouvelles informations « , il n’est plus sûr que la fuite ait été accidentelle. Cette fuite semble selon lui motivée par la possibilité de filmer en exclusivité son arrestation – ce que Vice n’a pas manqué de faire, dans les faits.

Il innocente plus bas les deux journalistes qui l’ont suivi ( Robert King et Rocco Castoro ), précisant qu’il ne pense pas qu’ils aient su à l’avance ou qu’ils aient été informés du «  plan  » de Vice pour le vendre aux flics.
Quand bien même King n’eut pas su que le siège de Vice préparait un sale coup, le mystère de l’iPhone demeure.

UN PEU GROS
La thèse du coup-monté ne convainc pas Wilfrid Estève, président de l’association FreeLens. Pour lui, l’erreur est bien due à la rédaction de Vice qui, en l’absence d’iconographe sur la chaîne de publication, n’a pas vérifié les métadonnées de l’image et a publié trop rapidement. Une erreur «  représentative des rédactions web.  »
Alors, encore un coup du web 2.0, des smartphones sur-connectés et du partage instantané ? M.Estève note que ce nouvel environnement de travail rend possible la diffusion à grande échelle d’une information non vérifiée, là où, auparavant, un filtre était opéré et où l’information était vérifiée. Pour Wilfrid Estève, on retiendra de l’affaire la grosse erreur d’une rédaction, et non pas les scoops rapportés par les reporters. Fin de l’histoire.
Des propos qui font écho à ceux de Thomas Coex, rédacteur en chef du service photo France de l’AFP, pour Les Echos :
 » Un travail journalistique a besoin d’un filtre : le photographe envoie donc ses images à son desk [son service, ndlr], qui les valide ou pas, valide les légendes… C’est la seule garantie d’un travail rigoureux. Les médias doivent avoir la même exigence, car diffuser n’importe quelle image dès qu’elle tombe peut mal tourner. « 

«  De toute façon, Vice s’en sortira forcément bien :  » si McAfee est innocent, les gars de Vice diront avoir été présents pour documenter sa fuite et le défendre ; s’il est condamné, alors ils auront aidé à la traduire en justice et auront un superbe documentaire prêt-à-l’emploi.  » note WIRED.
Mais Vice prend ça avec le sourire : une source interne au magazine nous a confié que  » de toute façon, la crédibilité n’était pas leur principal argument de vente ! « 

Fuji X100S : simple mise à jour ou nouveau boiter ?

Déjà deux ans que le Fuji X100 est sorti des usines Fuji.
Avec son design délicieusement rétro, il a surfé sur la vague « Leica-killers » avec une grande facilité, malgré des points noirs bien présents.
Au mois de mai, j’ai eu l’occasion de tester la machine, et j’avais recueilli mes impressions dans cet article de blog, que je vous incite à consulter.
Mais voilà le successeur : Fuji vient d’annoncer le X100S.
Son ambition : faire mieux que le X100, combler les trous que les mises à jour de firmware n’ont pu combler. Mais surtout, reprendre la main sur le marché des hybrides, hyper concurrentiel en ce moment avec les nouveautés Sony et Olympus (pour ne citer qu’elles).

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AUTOFOCUS ET RAPIDITÉ
Le principal problème du X100 : son autofocus terriblement lent. Fuji annonce alors un nouveau processeur qui propulserait le X100 au rang de l’AF le plus rapide du monde… parmi les appareils APS-C à objectifs non interchangeables – ce qui permet d’éviter de se mesurer à l’Olympus OM-D.
C’est un véritable progrès, qui demandera un test terrain certes, mais ce souci était à mes yeux le principal du X100. Le sous-titre de la page Fuji ne trompe pas : Fuji annonce un successeur à haute vitesse au X100, avec l’AF le plus rapide du monde. Dans la même veine, Fuji a réduit le « shutter lag » à 0,01 secondes. C’est toujours appréciable, même si ce lag n’était pas son point faible.

L’INSPIRATION LEICA
Le nouveau système de mise au point est aussi très alléchant.
Le « Digital Split Image » du X100S laisse imaginer dans sa description un véritable télémètre : deux images, à gauche et à droite, devront être alignés pour la mise au point manuelle. Fuji a enfin le bon sens de mettre un mécanisme télémétrique dans ce boitier au look de télémétrique.
Pour la mise au point sur l’écran ou dans le viseur éléctronique, Fuji propose aussi une fonction de « Focus Peak », inspirée des caméras vidéo, et déjà en service chez Sony. Les contours de la zone de netteté scintillent d’autant qu’ils sont nets – pas évident à expliquer, agréable à utiliser.
Pas de mention d’un viseur éléctronique avec une plus haute résolution.

EDIT 07/01/2013 : Une vidéo illustrant le système de mise au point Split Image !

CAPTEUR
J’avais été fort satisfait du capteur du X100. Le seul bémol était pour la montée en sensibilité. Il semblerait que Fuji ait entendu les doléances des utilisateurs, puisque la marque annonce une réduction du bruit de 30% par rapport au X100 premier du nom, tablant sur un capteur tout neuf tout frais de 16,3Mpix, à la technologie si performante du X Pro 1 : les photosites sont arrangés de manière aléatoire, supprimant la nécessité d’un filtre passe-bas, décuplant ainsi la résolution et la richesse de détails. Yeah !

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Avec ce Fuji X100S, Fuji peut marquer un gros coup. A la condition que les possesseurs de X100 frustrés par les points modifiés par le X100S changent de matériel. Si cette opération est commune chez les professionnels et les amateurs de Leica, il reste à prouver que cela se fasse pour le X100.
En tout cas, il est l’heure de surveiller la cote en occasion et en neuf du X100 (s’il reste des stocks…).
S’il n’est pas révolutionnaire, il marque un grand progrès dans la série X100, conservant la recette du succès tout en corrigeant les erreurs et insuffisances de la première mouture.

EDIT 07/01/2013 :

Soirées étudiantes

On a beau voyager, c’est toujours pareil, quand on est étudiant et qu’on fait la fête avec d’autres étudiants.
L’alcool, c’est le même. De la bière, de la vodka bas de gamme, un whisky ou un rhum, et du soft pour diluer.
Mêmes musiques. Mêmes ambiances. Mêmes conneries, etc.
Et on finit toujours dans le même état.

Et j’en veux pour preuve. Mise à jour de la série.


Lyon, France


Lyon, France


Lyon, France


Strasbourg, France


Strasbourg, France


Karlsruhe, Allemagne


Strasbourg, France


Lyon, France


Strasbourg, France


Strasbourg, France


Strasbourg, France


Karlsruhe, Allemagne


Karlsruhe, Allemagne

Liens de la semaine #5

Je profite de quelques jours avec l’esprit plus libre pour vous faire une petite sélection, à consulter quand l’agenda vous en dit.


PHOTO AFP MOHAMED ABED
Si vous ne le lisez pas déjà, il faut lire le blog Correspondent / Behind the News ». Il est tenu par les journalistes de l’AFP, partout dans le monde – et même en France, souvenez de ces photos de J.S. Evrard qui ont tourné sur le Le Monde pendant plusieurs jours…
J’apprécie particulièrement la possibilité d’avoir l’accès au point de vue des journalistes eux-mêmes, quoiqu’ils s’expriment sous contrôle de l’AFP, qui les oblige à une certaine impartialité.
L’article que j’ai sélectionné est celui de Sarah Hussein, Tweeting from a war zone, dans lequel elle raconte sa première expérience de Twitter… en plein Gaza.
Vous pouvez accéder à l’article via ce lien. NB : Le lien semble hors ligne, dirigez-vous donc vers la version en cache de Google.

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Ce projet est surprenant : Anton Kusters a photographié pendant deux ans un gang Yakuza. Petite précision : les Yakuzas sont les mafieux japonais, pas vraiment des enfants de coeur.
Comment avoir accès à ces gens ? Cela semble impossible, et bien Kusters l’a fait, avec des résultats surprenants : les gangsters qu’il a photographié se sont avérés encourageants par rapport à son boulot, et sont allés jusqu’à l’engueuler quand … il ne prenait pas de photos.
J’ai vraiment hâte de voir la suite des images, même si, techniquement, je les trouve largement trop traitées.
Bonus : une interview d’Anton Kusters par Steward Mag.

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Chez Gizmodo, on recommande aux voyageurs de partir avec une clé USB « d’urgence ». Celle-ci, qu’on pourrait trouver sur vous, renseignerait toute personne en cas de problème, ou vous permettrait de prouver quelque chose si vous êtes dans une grosse galère à l’étranger.
Jetez un oeil, ça vaut peut-être mieux que les solutions « cloud ».

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Vous avez entendu parler de We Fight Censorship ?
WeFightCensorship.org (WeFC) is a Reporters Without Borders project that aims to combat censorship and promote the flow of news and information.
En tout cas, si vous travaillez avec des données sensibles où des personnes qui pourraient l’être, vous feriez bien de lire le Kit de Survie Virtuelle publié par RSF à ce propos. Un petit point VPN, PGP, et métadonnées… ça ne peut pas faire de mal.

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J’ai pris une grosse claque en lisant cet article que m’a fait découvrir mon ami Etienne, via sa page Facebook Twitter@Info.
Paul Salopek part le mois prochain pour un reportage à travers le globe qui durera 7 ans et 35 000 kms à pied. « Qu’est ce qu’on met dans son sac quand on part pour ce genre de reportage ? », titre le blog laboratoire de la fondation Nieman.
C’est à lire absolument..Ce projet est juste dingue : témoigner de notre civilisation de 2013 à 2019 en empruntant cette route mythique. Salopek, fort de ses deux prix Pulitzer, se veut être un laboratoire journalistique au cours de son périple, expérimentant un maximum…
J’aime particulièrement cette phrase :

And journalism will likely continue to transform as well; just think of how planning for this sort of a journey would have been different if he’d started seven years ago — before smartphones, social media, and broadband had assumed the role they do now.
Et le journalisme va probablement continuer de se transformer lui aussi ; pensez juste à quel point la préparation de ce périple aurait été différente si elle avait eu lieu sept ans auparavant – avant que les smartphones, les réseaux sociaux et la bande passante aient acquis le rôle qu’ils ont aujourd’hui.

Les best-of de 2012

La fin de l’année approche – c’est le temps des marronniers.
C’est le moment d’un retour sur l’année, d’un regard en arrière vers 2012.

Avant de pouvoir vous proposer mon propre best-of, je fois récupérer mes images de l’année sur un disque dur cramé. Tant de photos qui dorment aujourd’hui sur ce disque inutilisable… Je suis tristesse.

Mais passons. Cette course à qui publiera le plus tôt nous rappelle le passage de plus en plus prématuré des pompiers, éboueurs et facteurs pour vendre leurs almanachs à nos portes.
Mais commençons par l’AFP, qui propose une sélection importante par son nombre – les lecteurs assidus noteront que plusieurs de ces images ont été publiées dans ces colonnes.
Puis est venue Reuters, qu’on devine précipitée par la précocité de l’AFP.

En plus de ces images, j’ai trouvé un document très intéressant : une analyse statistique visuelle des matériels et des réglages utilisés pour les images figurant dans le best of de Reuters. Avant de cliquer, essayez de deviner :
- Utilisent-ils plus le grand angle ou le téléobjectif ?
- Montent-ils très hauts dans les ISO ?
- Jouent-ils la pleine ouverture ou la sécurité ?
En bref, la photo Reuters la plus « probable » est faite avec un Canon 1D Mark IV avec un 16-35mm, reglé à 1/320s, f/2.8, pour ISO 200. Plus que l’élitisme du matériel – qui semble plutôt normal pour de la hard news -, on note que les matériels se ressemblent. Le kit 16-35/70-200 reste incontournable, et -surprise – Canon domine le marché Reuters.

Au plan des images, je me demandais ce qu’on allait y trouver. De la guerre ou du glamour ? Du spectacle ou de l’investigation ?
A l’AFP, on passe de Barack Obama à François Hollande ; des JO de Londres au jubilé de la Reine, de The Artist à la Syrie, le tout en passant par l’Afghanistan, où Massous Hossaini a obtenu pour la première fois de l’agence un très glorieux prix Pulitzer.
Et comme d’habitude, le bouquin sera disponible sur Amazon le 13 décembre. Père Noël, si tu m’entends…

Je voulais vous proposer quelques images issues du best-of de l’AFP. Les images que j’ai choisi ont – je le confesse – une tendance très picturale.

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N’oublions pas de publier le best of catégorie « Photojournalisme » du TIME, qui fait quand même bosser régulièrement James Nachtwey, Dominic Nahr, Tomas Munite (déjà publié ici-même…), pour ne citer qu’eux. Leur blog LightBox est tout simplement un des réservoirs à photojournalisme les mieux alimentés du web.
Ci-dessous une image d’Obama débarquant d’Air Force One, toute en profondeur de cadre. Comme quoi… Et une photo d’un tout autre registre, qui m’a glacé le sang quand j’ai compris qu’il s’agissait des pieds d’un malade de la polio.

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Et la sélection de The Atlantic, qui propose ausi sur son blog In Focus beaucoup d’images tout au long de l’année. En tout 135 images dans cette sélection en trois parties – ça laisse de la place aux bonnes images comme aux moins bonnes.
Partie 1Partie 2Partie 3.
Alors je vous laisse avec du GRAND photojournalisme.

(c) Tous droits réservés à leurs auteurs respectifs – AFP/Reuters

Nouveau venu

On n’a pas tous deux millions de dollars à mettre dans un appareil photo. Mais comme je l’avais annoncé, j’ai vendu mes reflex numériques pour ne garder que le Fuji X10 – dont je suis toujours aussi satisfait – et ses amis argentiques.
Après un contact détestable avec la Maison du Leica, fidèle à sa réputation, c’est sur un Mamiya 7II que j’ai craqué, un vieux fantasme. Premiers essais en Tri-X.

J’espère que vous appréciez les planches-contact. Parce que vous allez êtes servis !

Dehors les reflex !

Ce week-end est un petit tournant pour moi.
Ce week-end, je me débarasse de mon matos numérique. En juillet, j’avais déjà vendu un de mes reflex pour m’acheter le Fuji X10. Et cette expérience avec le X10 m’a vraiment décidé à changer. D’autant que, pour la première fois depuis quatre ans, je n’ai rien signé qui m’oblige à avoir ce genre de matos.

Depuis juillet, c’est le X10 qui m’accompagne partout. Vraiment, Fuji, vous avez fait une bombe avec cette petite chose. Alors dehors les reflex. Dehors les zooms grand-angle. Dehors les flashs.

Mais pour quoi ?
Compter sur le X10 pour satisfaire mon GAS (Gear Acquisiton Syndrome), ce serait dangereux. Et les seuls appareils qui me font plaisir à utiliser sont le X10 et mon Leica M4-P – le coté facile du numérique en moins.

Alors, je me cherche un Leica M8.
J’ai lu de bien vilaines choses sur ce boitier, et sur l’opportunité d’acheter en 2012 un appareil sorti en – oh mon dieu, j’ai frémi en vérifiant l’info – 2006 ; soit un an après le Canon 5D.
Mais il y a encore quelques belles choses sur le sujet, et des partisans du M8. Par exemple, un article de Yanidel sur son choix du M8 par rapport au M9 – on notera que, malgré cet article, il shoote exclusivement au M9. Idem, un sujet sur le forum Summilux où quelques « M8-nazis » expliquent pourquoi ils préfèrent les images du M8 au M9.

Je vais donc essayer. Malgré les critiques, le petit capteur, les soucis d’UV et les faibles performances ISO.