Basile Simon

Du pouvoir des éditeurs

Désolé, cet article n’est disponible qu’en anglais.

Nouveau blog de street photography en francais

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Mettons tout de suite les pieds dans le plat ! Même si nous tous, comme les autres photographes errants dans les villes, nous ne pouvons que nous revendiquer de la « Photographie de rue », il va sans dire que le mot appartient au passé. A l’instar des médias « grand public » français véhiculant encore et toujours une image passéiste voire convenue, le genre a connu, c’est peu de le dire, un renouveau.

Aujourd’hui, en à peine dix ans, la photographie de rue contemporaine baptisée entre autre par les anglo-saxon « Streetphotography » est devenue un courant culturel à part entière. Il s’agit bien d’une communauté, avec différents courants, ses maîtres, ses collectifs de renom, ses festivals ou autres magazines dédiés.

Streetphoto.fr est né de cette constatation, partant de l’envie de partager ce qui est notre passion commune. Notre but est de promouvoir en français la photographie de rue contemporaine, d’en exposer ses racines, comme ses dernières ramifications, et ce sous toutes ses formes.

Soyez donc les bienvenus dans ce nouvel espace !

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L’équipe

Frédéric Le Mauff  -  Baptiste Hauville  –   Jerome Lorieau  -  Vincent Ledig  -  Julien Legrand
Basile Simon Bertrand  -  Patrick Sagnes  -  Alison McCauley  -  Eric Schön

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C’est avec un grand plaisir que je vous annonce le lancement de ce nouveau site internet, qui se veut être une source de connaissance, d’inspiration et de renouveau de cette discipline en France.
Tout part du constat que la street photography en France n’est pas au niveau du reste du monde.

De connaissance, tout d’abord. Nous allons présenter sur ce blog nombre d’artistes connus ou moins connus, pour que les amateurs puissent se familiariser et surtout découvrir ce qui s’est fait et ce qui se fait en la matière.

D’inspiration, ensuite, car après ce qui s’est fait et ce qui se fait, il faut bien s’atteler à ce qui se fera.

Et de renouveau enfin. C’est là notre plus grande ambition, à mon sens. Sans vouloir la jouer nostalgie nationale, la France a vu naître et grandir un nombre important de photographes qui ont marqué l’histoire et le genre, mais n’est pas – actuellement du moins -, à la pointe de la street photography.

Promotion donc, et en français s’il vous plaît, de ce nouvel espace sur lequel nous espérons tous retrouver vos commentaires.

Magnum luttera contre le piratage en proposant un abonnement payant

Screenshot from 2013-10-06 14:10:09

Magnum va lancer un nouveau système d’abonnements pour blogueurs, avec une manière bien particulière de combattre les infractions au copyright, révèle le British Journal of Photography. “Ca ne sert à rien de nous protéger de la mer avec des chateaux de sable”, dit Clément Saccomani, directeur éditorial de Magnum à Paris. Alors ils ont pensé à une autre solution.

Cette nouvelle initiative verra le jour dans six mois, et son objectif est de consolider une communauté de supporters du travail de Magnum – mais de supporters prêts à payer. En effet, ce nouvel abonnement sera payant : “nous allons demander [aux blogueurs] de payer entre 20$ et 40$ [par an] pour bénéficier de l’abonnement, et en retour ils bénéficieront de réductions sur les livres, ils pourront participer à des événements dédiés, ils recevront des livres signés au prix des non-signés, ils pourront participer à des lectures de portfolios ou recevoir un appel de l’un de nos photographes. Ils feront partie d’une espèce de groupe des “Amis de Magnum” et auront accès à une série de privilèges. Certains seront physiques, d’autres virtuels”, selon Massimo Moggi, de Magnum à New York.

Magnum démontre, une fois encore, son ouverture au changement et son amour premier de la photographie. L’an passé, quand l’agence a dévoilé son tout nouveau site internet, nous avons tous été supris par le fait que les images étaient disponibles au téléchargement en 900px. Clément Saccomani a dit au BJP : “Si vous cliquez sur elles, vous pouvez les télécharger. Quand je discutais avec Chris Anderson et Jonas Bendiksen, ils me disaient que si les visiteurs voulaient juste imprimer une image et la mettre sur leur frigo, ils pouvaient le faire.”

A PROPOS DES LICENCES

Magnum franchit là un grand pas dans la guerre contre les infractions au copyright. Ils espèrent un taux de conversion autour de 20 à 30% des blogueurs qu’ils contacteront pour leur proposer l’abonnement. Si cette estimation peut sembler optimiste, il est certain que Magnum va générer un certain revenu de cette plateforme.
Je pense personnellement que les blogueurs sont de plus en plus au courant des problèmes liés au copyright – et c’est particulièrement vrai dans les domaines de l’art et de la photographie, qui discutent régulièrement ces questions. De plus, les récents succès de solutions payantes telles que Spotify démontrent un véritable intérêt pour les solutions légales.

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QUELLES SONT LES SOLUTIONS DISPONIBLES AUJOURD’HUI ?

  1. Ne pas prendre en compte les problèmes de copyright. Cette solution conduira sans aucun doute à d’énormes problèmes et à des vols éhontés. En tant qu’auteur, cette solution me révulse.
  2. Faire des exemples. C’est la solution d’aujourd’hui : des personnes prises presque au hasard se font attraper et paient des amendes considérables à des grandes entreprises qui les traient comme des malfrats. Cette solution apparaît de plus en plus inutile, car elle ne stoppe pas le phénomène et car elle diabolise les internautes.
  3. Le Creative Commons. Qui ne marche pas. Point.
  4. Coopérer. Pourquoi ne pas considérer les internautes comme une force réelle et comme une potentielle source de revenus ? Si vous pensez comme cela, il est peut être temps de penser à une solution plus respectueuse.

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LES CRITÈRES DE CETTE SOLUTION RESPECTUEUSE

Les infractions au copyright, c’est mal. Mais télécharger et copier-coller est si facile, rapide et pratique. Quelles pourraient être les raisons qui amèneraient les blogueurs à changer la manière dont ils travaillent ?

  1. Un accès et un usage raisonnable au matériel sous copyright. Cela veut dire que les photographies, oeuvres, ou sons doivent être disponibles de partout, en différents formats. Cela veut aussi dire que l’utilisateur ne pourra pas en faire usage dans certains cas – typiquement, l’usage commercial est à exclure.
  2. Un prix raisonnable. N’espérez pas trouver tellement de personnes prêtes à payer beaucoup pour quelque chose qu’elles font aujourd’hui gratuitement – même si c’est illégal.
  3. Un respect mutuel du travail. L’utilisateur se soucie assez du problème pour payer. Son travail doit être reconnu.

Je suis ravi d’entendre cette nouvelle de la part de Magnum, et j’espère que cette initiative sera suivie par d’autres. Magnum semble en effet satisfaire à toutes les exigences que nous avons énoncées. Ainsi, ce schéma d’abonnement semble être une solution viable et profitable.

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Cerise sur le gâteau, le BJP fait mention d’Abbas disant que Magnum considérerait l’usage de leurs images par des blogueurs comme “légitime.” Ce qui veut dire que l’agence Magnum proposera l’abonnement… sans pour autant poursuivre ceux qui n’y souscrivent pas.
Les sources officielles de l’agence, fières d’arborer leurs 800 000 followers, réalisent donc d’où viennent ces followers : de la publicaiton illégale des images les plus connues du monde, abritées aujourd’hui par Magnum.

En conclusion, j’aimerais vous donner matière à réfléchir :
Le CEO de Magnum, Giorgio Psacharopulo, a utilisé un mot bien singulier pour décrire son agence : “cela nous permettra d’interagir directement avec une communauté de personnes intéressées par notre marque.”
Alors, Magnum est-elle une marque ?
Les changements récents dans le monde de la photo ont ils converti l’agence, vielle de 66 ans, en une marque ?

Jacob Aue Sobol censuré par Facebook

Le photographe de Magnum Jacob Aue Sobol, a posté cette photo sur Facebook, pour son anniversaire:

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 Le réseau social (et ses utilisateurs) n’a pas apprécié, et la photo a été censurée.
Pire, on lui a interdit de poster des photos à nouveau. Sa réponse est simple : “Au revoir.”

 

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Merci encore, Facebook. Merde à la censure aveugle d’auteurs brillants.

Not your typical holidays

Autre vision des plages du Sud de la France.

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Edit : paysages modernes

Edit personnel d’images du groupe Flickr Moyen Format.
Merci aux auteurs qui m’ont permis la diffusion de ces images.

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Raphaël Bourelly

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Philippe Yong

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Levi Wedel

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Henri Antoine

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Paul Walsh

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Philippe Yong

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Tarik Yaici

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Tarik Yaici

Une carte de Londres pour votre mur

Alors que je faisais mes valises pour Londres (où je vais passer au moins cette année), une idée m’est venue en voyant toutes ces magnifiques cartes sur le subReddit /r/MapPorn:
Il faut que je m’imprime une carte géante pour ma chambre.

Après quelques recherches, je me suis rendu compte que cela pouvait facilement se faire avec Google Maps. Le résultat est plutôt impressionant et vaut le coup.

J’ai publié cette photo sur Reddit, où elle a retenu pas mal d’attention. Après quelques commentaires, j’ai cru bon d’expliquer ma méthode.
Alors, pour ceux qui demandent, voilà comment j’ai procédé :

  • J’ai commencé par lancer Google Maps sur la ville choisie (à savoir, Londres), et par zoomer jusqu’au niveau de détail que je voulais sur l’impression finale. Comme ça.
  • Après, j’ai utilisé l’outil “personnaliser et prévisualiser la carte intégrée” obtenu en cliquant sur l’icône de lien. Cela ouvre une popup comme celle-ci.
  • Un des problèmes a été que je voulais éviter à l’ordinateur de planter. J’ai donc augmenté la taille par paliers de 500x500px jusqu’à générer une carte géante de 16000px.

Et c’est là que les choses sérieuses commencent :

  • Je voulais imprimer sur des feuilles A3 à 72dpi. J’ai donc utilisé Photoshop pour diviser l’image en 7 colonnes et 7 rangées en taille A3 native. J’ai ensuite scripté le tout pour obtenir 49 fichiers jpeg. On m’a dit que 72dpi n’étaient pas suffisants, mais cela me semblait convenable pour obtenir assez de détails.
    Il faut noter que j’ai converti les images en noir et blanc – ne demandez pas pourquoi.
  • Une fois toutes les images imprimées sur un copieur de bureau, j’ai utilisé du scotch pour assembler les images directement sur le mur.
    C’est clairement la partie la plus délicate. Il est très difficile de couper assez droit pour obtenir des intersections parfaites. Si l’on zoome sur la photo, on notera que l’on peut voir le mur à plusieurs endroits. Dommâge…

Voilà, c’est à peu près tout. Vous pouvez voir sur l’image que celà produit une carte plutôt énorme à un coût minimal. C’est probablement quelque chose que je referai, compte tenu que je ne vis plus dans cette chambre…
Quels peuvent être les améliorations pour la prochaine fois ?

  1. La première chose que je regrette, c’est l’assemblage des images. Clairement, imprimer sur des feuilles plus grande, type A1 ou A0, réduirait les problèmes. Il est aussi possible d’utiliser certains services en ligne pour imprimer un poster géant. Mais encore une fois, les coûts ne sont pas les mêmes si l’on choisit cette solution.
  2. La résolution aurait pu être meilleure. Je veux dire par là qu’il y a assez de détails lorsque l’on voit la carte de loin ou qu’on se tient devant. Mais si l’on regarde une rue en particulier, ou un lieu célèbre, la qualité n’est pas terrible.

Enfin, il faut noter que mettre ce genre de choses au mur tue la productivité. Facile de passer des heures à regardez la carte et à se ballader à travers. C’est un peu comme une nuit de vidéos YouTube. Préparez vous à ne plus bosser !

TÉLÉCHARGEZ LES FICHIERS JPEG UTILISÉS POUR CRÉER CETTE CARTE – 49 IMAGES A3 PRÊTES À IMPRIMER : londonmap

Une semaine avec Darcy Padilla

Darcy Padilla. Le stage que j’attendais le plus. Celui pour lequel je suis descendu à nouveau à Arles cet été.
Ce workshop de cinq jours est passé à une vitesse incroyable.

Dès le premier jour nous voici lancés dans des présentations rapides et une recherche des sujets que les participants veulent développer. Car le titre du stage est “raconter une histoire en images.” A ce stade et face au temps qui nous sera compté, il est capital pour Darcy, Anne-Sophie et moi de savoir déjà quelles pistes nous allons explorer, quels fils nous devrons tirer pour faciliter le travail des participants. De manière assez surprenante, tout le monde a déjà, en quelques heures, une première idée.
Par exemple, Luis-Miguel, qui veut “travailler sur une communauté”, est orienté par nos conseils vers le Salin de Giraud, qui abrite une communauté du Nord de la France (qui a façonné l’architecture du village de manière si particulière), et une communauté grecque.
Maxime, débarquant des Etats-Unis, est curieux de connaître mieux la culture musulmane. Nous sautons sur l’occasion et je l’emmène à la mosquée rencontrer l’imam en ce mois de Ramadan.
Notre rôle en tant qu’assistants, c’est aussi ça. Ouvrir les barrières, faciliter le passage grâce en jouant la carte des Rencontres qui, après des années à arpenter la ville et la région avec des photographes pour les stages, est gage de sérieux et de publicité pour les personnes que l’on démarche.

Dans les jours qui suivent, les sujets s’affinent et changent. Certains participants sont partis sur des sujets assez complexes à l’accès difficile. Je pense à une participante qui n’a pas souhaité poursuivre son idée initiale de photographier dans un centre d’accueil pour personnes âgées et qui cherchait à accompagner des travailleurs sociaux dans leurs rondes en ville auprès des sans domiciles.
Darcy Padilla, pendant ces journée de prise de vue, donne rendez-vous aux étudiants pour faire le point sur leur avancement, faire un retour sur leurs portfolios, participer à un premier éditing… Un retour presque quotidien crucial dans le cheminement des projets, que les étudiants apprécient beaucoup.
Car le doute est très présent dans les workshops. Trouver un sujet en si peu de temps, le réaliser en quelques jours sinon quelques heures, c’est un défi pour les photographes. Certains passent leur temps sur le terrain à pêcher les images, comme Luis-Miguel, qui s’est investi dans son travail sur le Salin de Giraud en tapant aux portes des familles pour aboutir à des contacts. D’autres sont contraints par ce même terrain : la structure d’accueil ne peut les recevoir que pendant certains créneaux horaires, ou bien le terrain est difficilement praticable.
Dans cette phase qui court de mercredi à vendredi, les étudiants photographient à plein régime, selon les conseils de Darcy, selon leurs facilités à se débrouiller dans l’univers qu’ils explorent, et selon les possibilités que nous pouvons arranger.

Mais le stage se termine par une petite exposition au quartier général des Rencontres, rue du Docteur Fanton, le samedi soir. La préparation de ces moments est le siège de toutes les angoisses : le temps presse, il faut faire son éditing, ses retouches, obtenir l’aval et les modifications de Darcy, refaire l’éditing et les retouches, puis faire les tirages et les accrocher. Et il faut bien dire que les participants, à force d’une semaine, se prennent au jeu, et (heureusement) prennent la chose (et eux-mêmes) au sérieux.
La pression ne retombe qu’à 19h30, au moment où les spectateurs arrivent et où, finalement, plus rien n’est possible sinon admirer le travail fourni sur ces quelques jours et faire un bilan de cette expérience hors-norme.

Hors-nome, c’est bien l’adjectif qui qualifie le mieux Darcy.
Comprenons-nous bien : si la semaine passée, avec Helen Van Meene (article à venir), nous avons mis la pression aux étudiants en les forçant à s’aventurer dans des pratiques et des contraintes auxquelles ils n’étaient pas familiers, en mettant du gaffer derrière les écrans des boitiers par exemple, ou en leur réclamant des portraits torses-nus de personnes choisies dans la rue, l’impression Padilla est plus subtile.
Gare à ceux qui pensent trop, qui veulent mettre la charrue avant les boeufs ; l’éditing ne se fait qu’au final, après la “récolte des mots” qui, au cours de l’éditing, composeront des phrases. Pas la peine d’essayer de penser à l’histoire finale que l’on racontera ; on ne peut en avoir qu’une vague idée au moment de la prise de vue – d’où la nécessité de suivre son instinct.
Car Darcy est très instinctive. Elle fait ses choix en quelques secondes, suit son intuition pour nombre de sujets, décide si une photo marche ou ne marche pas en un claquement de doigts. Tout l’inverse d’Arno Minkkinen qui passe un temps considérable à décortiquer ce qu’il observe.

Honnêtement, cette semaine avec Darcy a été un vrai challenge pour moi.
Elle a montré un niveau d’exigence considérable envers les personnes qui travaillent avec elle, demandant un niveau de rigueur considérable – que tout le monde n’a pas. Rigueur mise à part, quand on y réfléchit, tout le monde n’est pas capable de passer plus de 18 ans à photographier un autre être humain. C’est pourtant le cas de Darcy, qui laisse ici transparaître son engagement extrême dans son travail. Et cet engagement était réclamé de la part de ceux qui l’assistaient – et grandement remercié quand il était fourni, il faut le dire.
Le “non” n’est jamais suffisant pour Darcy ; il faut obtenir le “oui”

Samedi soir, j’ai pleuré. Je me rappellerai de cette semaine longtemps.

Fuji X10 -> Ricoh GR

Attention, cet article parlera de matériel photo. Ce genre de discussions peut sembler un peu vain et secondaire, mais le matériel occupe dans l’esprit du photographe une part d’attention parfois assez importante. Quiconque a déjà fait son sac pour un week-end de prise de vue ailleurs que dans sa ville sait de quoi je parle : “qu’est-ce que je vais bien emmener là-bas ?”
Dans certains cas, parler de l’outil permet de parler de la pratique photographique elle-même, puisque le choix de l’objet reflète la pratique. Je crois que c’est le cas en l’espèce.

Voici déjà quelques temps que je faisais des reproches à mon Fuji X10.
Son zoom était pour moi tout à fait inutile, et carrément encombrant. En effet, je ne faisais mes photos qu’avec la plus large focale (28mm), ou bien à 35mm quand la fantaisie me prenait. Encombrant parce que l’objectif était trop prétubérant, trop en tout cas pour que le X10 se glisse dans la poche d’un pantalon.
Du fait de cette question de taille, l’appareil était condamné à ne voyager avec moi que dans un sac. D’aucuns diront que c’est le cas d’à peu près tous les appareils sérieux, et je ne le nie pas. Mais ce que je recherche est peut-être diférent.

Arno Rafael Minkkinen m’a fait beaucoup rire pendant son workshop avec son petit appareil photo compact dans un étui fixé à sa ceinture. Il ne prenait son reflex qu’en grande balade, et prenait de petits instantanés simples avec ce compact. Quand il a vu mon X10, il a très simplement observé que c’était l’appareil bâtard : ni assez puissant pour mériter un sac de plus, ni assez petit pour que je l’aie toujours à portée de main.
Il a vu très juste sur ce point, qui a commencé de m’obséder. Etre réactif, avoir un appareil léger et toujours présent, c’est un gage de pouvoir photographier dès que l’envie prend.
J’ai alors tout de suite pensé aux petits Ricoh.

Ricoh, outsider du marché des appareils numériques, a choisi un placement commercial discret (ou ciblé ?). Toutefois, la marque a très bonne presse auprès des street-photographers. La série GR embarque un 28mm fixe sur un boitier extrêmement rapide, en particulier au plan de la mise au point et du déclenchement, et bien agencé.
J’ai donc craqué sur une de ces petits choses, et j’ai troqué mon X10 contre ce GRD, qui rentre parfaitement dans des poches.

J’espère ainsi avoir trouvé un compagnon pour la vie de tous les jours, moins encombrant et précieux que le Leica ou le moyen-format. Pour le moment, c’est réussi !

Une semaine avec Arno Rafael Minkkinen

L’été des stages a réellement attaquée la semaine passée, après une mise en jambe pendant la semaine d’ouverture et les stages “un jour avec…”
J’étais pour ma part affecté au service d’Arno Rafael Minkkinen.

Si l’an dernier, j’avais déjà exprimé ma satisfaction et mon admiration pour les personnes que j’avais rencontrées pendant les Rencontres d’Arles, ces rencontres n’avaient consisté qu’en de brefs contacts entre des artistes et une personne travaillant sur la scène sur laquelle ils étaient placés.
C’est une expérience bien différente qui m’attend cet été auprès des maîtres de stage que j’assiste. Cette fois, ce sont des relations de proximité, de confiance, voire d’intimité que nous devons nouer.


“Le pouvoir des trois”, c’est le concept-clé de l’enseignement d’Arno Minkkinen. Pour lui, tout le monde est capable de produire une seule bonne image. Lorsque l’on en produit deux, on ne peut que comparer sans cesse ces deux photos. C’est avec la troisième image que le regard de l’artiste s’affirme et qu’il n’est plus possible de douter de son intention. Il a illustré ses propos par trois images de Jean-Louis Lartigue (exposé à Arles cette année, à ne pas manquer).
Poursuivant cette idée, il a exigé des participants qu’ils n’exposent que trois images à l’expo de samedi soir.


Le premier jour est toujours l’occasion de regarder les portfolios des étudiants. Arno avait sa petite méthode : plutôt qu’un visionnage exhaustif, il a préféré ne sortir du portfolio qu’une, deux ou trois images, pour n’avoir qu’un aperçu qu’il confirmerait ou infirmerait dans la semaine, individuellement.


Fabrice et Loïc à la préparation des diaporamas du mercredi.


La démarche du photographe était au coeur de l’enseignement de Minkkinen. Et pour apprendre cet état d’esprit, rien de tel que de lever les participants à 5 heures du matin pour une escapade au lever du jour en Camargue, avec des arrêts sur la route au fil des découvertes et de l’intuition (autre concept-clé).


© Anne Sophie Tritschler


© Anne Sophie Tritschler
Autre excursion, en fin de journée cette fois, vers les Alpilles. Votre serviteur sert de chauffeur et d’assistant au maître.